Organorum Premier Chapitre : Elia

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publié le 18 septembre 2020

L’air sec vous fouette le visage. Les grains de sel et de roches fatiguées par le temps griffent votre peau. Un cri strident vous fait lever les yeux au ciel, apeuré. Et le vide du paysage qui vous entoure vous désarçonne. Autour de vous ne se dressent que pierres, roches et montagnes immenses taillées par le temps, dans une troublante apesanteur. En effet, après quelques minutes d’analyse, et un brin de stupéfaction, vous comprenez que les créatures que vous discernez dans le ciel, aux ailes si fluides, douces et envoûtantes, flottent.
De roche en roche, de pic en pic, elles jouent avec la gravité qui les entoure et s’amusent des multiples possibilités de déplacements qui s’offrent à elles. Pas de coups d’ailes, pas d’impulsion, juste un jeu captivant entre leur corps et la nature.
Malgré votre peur, vous décidez d’avancer prudemment jusqu’au précipice devant vous. Les falaises semblent se perdre dans le vide, infinies. Y’a-t-il un sol, quelque part ?

Vous cherchez une logique que les lois de votre monde ne peuvent pas définir. Comment expliquer ces îles et ce roches flottantes tout autour de vous ? Quelle est cette odeur marine, provenant certainement du sel posé ça et là, alors même que vous ne voyez pas l’ombre d’un océan à l’horizon ?
Ce que vous ne savez pas et ne pouvez pas discerner, tant la nature qui vous entoure est immense, c’est que ces montagnes rocheuses, découpées par le vent et le temps, séparées les unes des autres comme un flot de météorites, entourent ce monde caché. Comme un immense mur, une frontière infranchissable.

Vous reprenez soudain votre souffle et vous comprenez, d’instinct, que ce monde sauvage ne vous appartient pas.