Making of Mission Cupidon

Cupidon maladroit qui prêche la persévérance Mission Cupidon est un court-métrage d’animation 2D réalisé par Damien Lourtil, Alycia Guérin, Erwan Aubaux, Roxane Margalho, qui transforme la recherche de l’âme sœur en une véritable quête ludique. Le film suit un cupidon pas très doué, déterminé à faire se rencontrer deux âmes sœurs, Polly et Alex, mais…

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Cupidon maladroit qui prêche la persévérance

Mission Cupidon est un court-métrage d’animation 2D réalisé par Damien Lourtil, Alycia Guérin, Erwan Aubaux, Roxane Margalho, qui transforme la recherche de l’âme sœur en une véritable quête ludique. Le film suit un cupidon pas très doué, déterminé à faire se rencontrer deux âmes sœurs, Polly et Alex, mais dont les bonnes intentions provoquent une succession de catastrophes involontaires. À la fois slapstick et romantique, le récit mêlant comédie et action est muet : toute la narration repose sur la gestuelle, le rythme visuel et la mise en scène des gags. L’intention est d’apprendre avec humour à ne pas renoncer devant l’échec, car les faux-pas finissent souvent par engendrer de vraies victoires. Le film joue avec les codes du jeu vidéo (jauges de vie, barres de progression, « game over ») pour traduire la vulnérabilité des personnages et la fragilité des rencontres modernes.

L’équipe de réalisation s’est nourrie d’un large éventail de références issues de l’animation, de la bande dessinée et de la culture pop. Parmi les inspirations majeures figurent la série Scott Pilgrim Takes Off créée par Bryan Lee O’Malley et Ben David Grabinski ainsi que l’univers décalé et pastel de Bee and PuppyCat ou encore Stay Foolish, Love Quest, So Bitter de Camooh et Slice de Bobbypills. Côté décors, les références sont issues du jeu vidéo Tangle Tower conçu par Catherine Unger, de l’univers visuel de Steven Universe, mais aussi d’un lieu bien réel : le Jardin des Plantes de Nantes qui a nourri la conception de certains environnements du film.

Pixel-kawaii et palette pastel au service du gag

Sur la forme, Mission Cupidon assume un style doublement ludique : pixel art et 2D frame-by-frame se marient à des décors peints aux tons pastel faisant écho à l’absence de noir. La direction artistique exagère le rose et les motifs en cœur (présents dans les personnages, les décors et les props) pour créer une esthétique kawaii immédiatement reconnaissable.

Les réalisateurs détaillent en expliquant : « Ainsi, l’ambiance reste dans les couleurs rose, avec des touches de vert bleutées pour la végétation, et du jaune or comme tonique. On est sur du flat color, avec par moment des dégradés pour donner du volume et de la lumière. La végétation est omniprésente, et la forme du coeur est reprise dans le feuillage, les vêtements ou encore les cheveux ( comme mentionné précé demment, c’est la forme conductrice du film ). Il y a un effet de perspective atmosphérique dans le décor, les arbres se fondent au fur à mesure des plans.« 

Le line pixelisé, les brushs faits maison et la fausse 3D des fonds déroulants rappellent directement les vieux jeux Gameboy, tandis que la composition des plans et l’usage d’effets contemporains garantissent la fluidité d’un vrai film d’animation.

Les étudiants réalisateurs expliquent : « Chaque personnage est lié a une dynamique : Polly est gentille et timide, dessinée dans des formes très circulaires. Alex est énergique et sportif, avec des formes un peu plus anguleuses et élancées. Cupidon est un mélange de douceur ( des formes de coeur qui le représentent ) et un rappel de formes anguleuses qui représentent son impulsivité. La forme de coeur est récurrente dans tout le film, sur tout les personnages, mais aussi dans les décors, les props… »

Techniquement, le projet combine Storyboard Pro (préproduction), Toon Boom Harmony (animation), Photoshop et Clip Studio Paint (décors), puis After Effects et Premiere Pro (compositing/ montage). Les auteurs ont relevé plusieurs défis : créer des décors uniques pour rendre compte du passage du temps, concevoir des scènes de course-poursuite en fausse 3D, et fusionner des storyboards réalisés par plusieurs mains sans perdre l’unité visuelle. Ces choix donnent au film son charme singulier : un objet qui ressemble à un jeu, mais qui se vit comme un court-métrage.

Une bande-son pour fait battre les cœurs

Musicalement, Mission Cupidon s’inspire explicitement des bandes son de jeux vidéo rétro en 8-bits en visant une émotion proche des RPG romance et des dating simulators. Le compositeur Louis Renevret a travaillé avec l’équipe des sons synthétisés, parfois accompagnés par d’autres instruments afin de produire des thèmes doux et romantiques. le rythme accélère pour porter la montée de tension jusqu’au climax, avant de retomber en douceur sur la séquence finale. Le sound design est volontairement discret avec l’image et la musique qui dialoguent sans bruitages parasites, ce qui renforce l’implicite comique et la lisibilité muette du récit :

« Beaucoup d’idées ont été discutées, remises en question, triées, pour aller au plus simple et lisible malgré l’absence totale de paroles. C’était une phase d’écriture très amusante, où on a développé les personnages et les mésaventures de Cupidon. »

« Le plus gros challenge de notre création était le montage final. Fusionner toutes nos scènes et nos séquences, à synchroniser avec la musique et les sound designs a été un souci à maintes reprises, surtout lors de la dernière ligne droite » selon la production du court métrage.

Mission Cupidon est une réalisation de 6 minutes 59 secondes abordant aussi bien la gestion d’une esthétique hybride, la maîtrise du rythme comique sans dialogues, l’intégration d’éléments vidéoludiques dans une narration filmique, et la coordination serrée entre animation, musique et montage. C’est aussi un court métrage qui se prête parfaitement aux spectateurs friands de références jeux vidéo et d’humour mignon.