Créer un film d’animation 2D, c’est donner vie à des personnages, raconter une histoire et construire un univers visuel à travers le mouvement. Du scénario aux premières esquisses, jusqu’à l’animation et à la postproduction, chaque étape contribue à transformer une idée en court-métrage. Mais par où commencer ? Quels logiciels utiliser et quelles techniques maîtriser ? Découvrez les six grandes étapes pour réaliser votre premier film d’animation 2D.

À retenir
Pour faire un film d’animation 2D, il faut suivre six étapes essentielles : imaginer une histoire et écrire un scénario, choisir ses outils, concevoir les personnages et les décors, réaliser un storyboard et une animatique, animer les scènes puis finaliser le montage et le son.
Cette méthode permet de structurer la production, d’anticiper les difficultés techniques et de créer un film cohérent. Il est conseillé de commencer par un projet court pour apprendre progressivement les techniques d’animation.
1. Préparer son projet de film d’animation 2D
Avant de commencer à dessiner ou à animer, la première étape consiste à définir les bases de votre projet. Un film d’animation 2D repose avant tout sur une histoire capable de captiver le spectateur.
Trouver une idée et construire son scénario
Tout commence par une idée : une rencontre, une aventure, une émotion ou une situation du quotidien. L’important est de transformer cette inspiration en une histoire structurée.
Pour cela, posez-vous quelques questions : qui est votre personnage principal ? Quel est son objectif ? Quelles difficultés rencontre-t-il ? Comment son histoire se termine-t-elle ?
Vous pouvez ensuite rédiger un synopsis, qui résume votre histoire en quelques lignes, puis développer un scénario détaillant les actions, les dialogues et le déroulement des scènes.
Une structure narrative simple repose généralement sur trois temps :
- Le début : présenter les personnages, leur environnement et la situation initiale.
- Le développement : introduire un événement qui bouleverse leur quotidien.
- La conclusion : apporter une résolution à l’histoire.


Définir la durée et organiser la production
Pour un premier projet, privilégiez un court-métrage de 30 secondes à 2 minutes. Même quelques secondes d’animation représentent un travail important.
Définissez également le nombre de personnages, de décors et de scènes. Plus ces éléments sont nombreux, plus la production sera complexe.
Établir un planning dès le départ permet de répartir le temps entre la préproduction, l’animation et la finalisation du film.
2. Choisir le matériel et les logiciels d’animation 2D
Contrairement aux idées reçues, il n’est pas nécessaire de posséder un équipement coûteux pour apprendre à faire un film d’animation 2D.
Quel matériel utiliser pour débuter ?
L’animation 2D peut être réalisée de manière traditionnelle, avec des dessins sur papier, ou numériquement, à l’aide d’un ordinateur et d’une tablette graphique.
Pour commencer, vous pouvez utiliser :
- Un ordinateur suffisamment performant pour votre logiciel.
- Une tablette graphique avec stylet pour dessiner plus naturellement.
- Un logiciel de dessin et d’animation.
- Un casque audio pour travailler le son et le montage.
Le plus important reste de disposer d’outils adaptés à votre niveau et à votre méthode de travail.
Les principaux logiciels d’animation 2D
Plusieurs logiciels permettent de réaliser des animations, avec des fonctionnalités et des niveaux de complexité différents.
| Logiciel | Utilisation principale |
|---|---|
| Toon Boom Harmony | Animation 2D traditionnelle et numérique, dessin et rigging |
| Adobe Animate | Animation vectorielle et animation image par image |
| Krita | Dessin numérique et animation image par image |
| OpenToonz | Animation 2D et production de séquences |
| Blender (Grease Pencil) | Animation 2D dans un environnement 3D |
Pour débuter gratuitement, Krita ou OpenToonz peuvent constituer de bonnes options. Toon Boom Harmony est particulièrement présent dans les environnements professionnels.
Le choix dépend avant tout du style d’animation recherché et des fonctionnalités nécessaires au projet.
3. Créer les personnages et l’univers graphique
Une fois le scénario défini, place à la création visuelle ! Cette étape, appelée développement graphique, consiste à imaginer l’apparence des personnages et des décors qui composeront le film.
Concevoir des personnages reconnaissables
Le character design permet de définir les caractéristiques visuelles d’un personnage : sa silhouette, ses proportions, ses vêtements, ses expressions et ses attitudes.
Pour faciliter son animation, les artistes réalisent généralement plusieurs documents de référence :
- Le model sheet, qui rassemble les caractéristiques et proportions du personnage.
- Le turnaround, qui représente le personnage sous différents angles.
- L’expression sheet, qui présente ses principales émotions.
Ces documents assurent une cohérence graphique tout au long de la production, notamment lorsque plusieurs animateurs travaillent sur un même film.


Imaginer les décors et l’ambiance du film
Les décors jouent également un rôle essentiel. Ils permettent de situer l’action, de construire une atmosphère et d’accompagner la narration.
Commencez par créer un moodboard, ou planche d’inspiration, regroupant des références visuelles, des palettes de couleurs et des recherches d’ambiances.
Vous pourrez ensuite développer vos décors en travaillant la perspective, la composition et la lumière.
L’objectif est de créer un univers graphique cohérent dans lequel les personnages pourront évoluer naturellement.
4. Réaliser le storyboard et l’animatique
Avant de passer à l’animation, il est indispensable de visualiser le déroulement du film. C’est le rôle du storyboard et de l’animatique, deux outils fondamentaux de la préproduction.
Le storyboard : raconter son histoire en images
Le storyboard est une succession de dessins représentant les principaux plans du film, à la manière d’une bande dessinée.
Il permet de préparer les cadrages, les mouvements de caméra, les actions des personnages et les transitions entre les différentes scènes.
À ce stade, les dessins n’ont pas besoin d’être parfaitement finalisés. Leur objectif est avant tout de rendre la narration claire et compréhensible.
Le storyboard permet également de repérer les éventuels problèmes de rythme ou de mise en scène avant de commencer l’animation.


L’animatique : donner du rythme aux images
Une fois le storyboard terminé, les dessins sont assemblés dans un logiciel de montage pour créer une animatique.
Cette première version vidéo permet de définir la durée de chaque plan et d’intégrer des sons ou des dialogues provisoires.
En regardant l’animatique, vous pourrez vérifier si les actions s’enchaînent correctement, si les émotions sont compréhensibles et si le rythme fonctionne.
C’est une étape précieuse pour ajuster le film sans devoir recommencer des séquences déjà animées.
5. Animer les personnages et les scènes
C’est l’étape où les dessins prennent véritablement vie ! L’animation 2D repose sur la succession d’images représentant différentes phases d’un mouvement.
Comprendre les principes fondamentaux de l’animation
Pour créer une animation crédible et expressive, il est essentiel de comprendre certaines notions fondamentales :
- Le timing : la durée nécessaire pour effectuer une action.
- Le spacing : l’espacement entre les différentes positions du personnage.
- L’anticipation : le mouvement préparatoire qui annonce une action.
- Le squash and stretch : la déformation des formes pour renforcer la souplesse et le dynamisme.
- Les arcs : les trajectoires courbes suivies naturellement par de nombreux mouvements.
Par exemple, pour animer un personnage qui saute, il faut représenter sa préparation, son impulsion, son passage dans les airs et sa réception.
Des dessins clés aux intervalles
L’animation commence généralement par les poses clés, qui représentent les positions principales d’une action.
L’animateur ajoute ensuite des dessins intermédiaires, appelés intervalles, pour construire progressivement le mouvement.
Une fois le résultat satisfaisant, les dessins peuvent être nettoyés lors du clean-up, puis mis en couleur.
Pour un débutant, des exercices simples comme une balle qui rebondit, un personnage qui marche ou un objet qui tombe constituent d’excellents entraînements.
Ils permettent de comprendre les mécanismes du mouvement avant de travailler sur des scènes plus complexes.

6. Finaliser et exporter son film d’animation 2D
Lorsque toutes les scènes sont animées, le film entre dans sa dernière phase de production : la postproduction.
Assembler les images et travailler le son
Le compositing consiste à assembler les différents éléments visuels d’un plan : personnages, décors, ombres, effets et éventuels mouvements de caméra.
Vient ensuite le montage, qui permet d’organiser les séquences et d’ajuster le rythme général du film.
Le travail sonore est tout aussi important. Les dialogues, les bruitages, les ambiances et la musique contribuent à renforcer les émotions et l’immersion du spectateur.
Une scène peut ainsi prendre une dimension totalement différente grâce à un silence, un bruit précis ou une musique adaptée.
Exporter son film au bon format
Avant d’exporter votre film, vérifiez la fluidité des animations, la synchronisation du son et la cohérence des couleurs.
Pour une diffusion classique sur le web, un export en MP4 avec le codec H.264 constitue généralement une solution adaptée.
Il est également conseillé de conserver un fichier source de qualité supérieure pour d’éventuelles modifications ou projections.
Et après ? Une fois votre premier court-métrage terminé, vous pouvez le partager en ligne, l’intégrer à votre portfolio ou envisager une inscription en festival.
Réaliser un film d’animation 2D demande de la créativité, de la patience et une bonne maîtrise des différentes étapes de production. Ces compétences se développent progressivement grâce à la pratique et à la réalisation de projets.
À l’école Pivaut, vous pourrez approfondir ces savoir-faire pendant vos 3 ans de formation en animation 2D, de l’apprentissage des fondamentaux du dessin jusqu’à la réalisation d’un film de fin d’études présenté devant un jury de professionnels.