Un conte animé poétique
Les champs brûlent et le vent pique un peu est un court-métrage d’animation 2D en couleur réalisé par Lys Levrel et Pierrick Dufust. Le film se définit à la fois comme un conte, une légende et un film d’auteur d’une durée de 7 min 15 s. L’histoire n’est pas construite comme un récit linéaire traditionnel, elle se dessine « d’elle-même au fil des mois » expliquent les réalisateurs, de manière volontairement flottante, pour laisser à chaque spectateur la liberté d’y trouver sa propre lecture.
Synopsis: » Les enfants jouent dans la forêt, le vent souffle doucement, le menuisier-meunier travaille dans son moulin et Amanite vient de casser sa sandale. Morose et fatiguée, c’était la goutte de trop, elle part donc dans l’espoir de la réparer, dans la douceur du matin. Les clochettes résonnent, la rivière glisse sur les rochers, les grelots chantent, le vent réveille la forêt et les oiseaux. Ce n’est pas avec une sandale neuve, mais avec un grelot et le sourire aux lèvres qu’Amanite part de la forêt, vers le soleil doré.«
Le personnage central, Amanite, est décrit comme « assez passive et peu expressive », choix qui place l’observateur dans la position de découvrir le monde à travers ses yeux. Ce parti pris qui favorise l’immersion dans les paysages venteux et mystérieux du film tel un pèlerinage : une « fenêtre ouverte sur un monde d’oiseaux, de vent et de clochettes« .



Un duo créatif et une démarche technique
Le film est né du travail d’un binôme à savoir Lys Levrel et Pierrick Dufust, ils décrivent leur collaboration comme « très agréable pour échanger, partager et nous mettre d’accord sur nos inspirations et nos envies ». Ayant des univers proches, les réalisateurs ont rapidement conçu l’écriture et les premières ébauches dès la deuxième année de spécialisation en animation 2D. Le projet a ensuite mûri en cours de route, sans contrainte scénaristique stricte suivant une esthétique douce et poétique.

Sur le plan technique, l’équipe a choisi un mariage des techniques traditionnelles et numériques : les décors « traits » ont été réalisés au crayon de bois de manière traditionnelle, puis mis en couleur sur tablette en utilisant des brosses et techniques aquarelle pour préserver la douceur du trait. Le storyboard et l’animation ont, pour des raisons de temps et d’efficacité, été effectués sur logiciel : Storyboard, Harmony, Procreate, Photoshop constituent la chaîne de production principale. Le traitement visuel joue sur des couleurs pastels et contrastes atténués pour un rendu harmonieux avec un ratio de projection 5/3.
La dimension sonore a été pensée en parallèle de la réalisation graphique : la musique, composée et réalisée par Ice Wolf (Simon-Melesse Relave), a été développée en même temps que l’ambiance sonore générale afin que musique et son se complètent plutôt que l’une prenne le pas sur l’autre. Ice Wolf a pris en charge le design sonore renforçant ainsi l’unité du film.


Un court-métrage esthétique maîtrisé
Les champs brûlent et le vent pique un peu est une expérience contemplative, faite pour être regardée puis revisitée. Son traitement visuel doux, son montage atmosphérique et sa bande son immersive en font une pièce idéale pour les programmations de festivals d’animation, les soirées d’écoles d’art, ou les plateformes qui valorisent les films d’auteur. Cette création entre esthétique papier et palette pastel, invite le spectateur dans un voyage où la musique et l’image avancent main dans la main.


Ce court saura toucher aussi bien les amateurs d’animation traditionnelle que les spectateurs en quête d’émotions subtiles et d’images qui laissent respirer l’imaginaire. En mettant l’accent sur l’environnement et la découverte, Lys Levrel et Pierrick Dufust offrent une parenthèse : « une pause nuageuse dans un monde venteux et plein de mystères » où le regard du spectateur devient complice.