Making of N’importe nawak

Le court-métrage N’importe nawak est une parenthèse de 3 minutes et 34 secondes qui tient à la fois du clip musical et de la tranche de vie. Pensé et réalisé par Sophie Lagree et Ninon Houlbert, ce film d’animation étudiant use de la bande-son radio comme fil conducteur pour relier les commérages d’une ville des…

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Le court-métrage N’importe nawak est une parenthèse de 3 minutes et 34 secondes qui tient à la fois du clip musical et de la tranche de vie. Pensé et réalisé par Sophie Lagree et Ninon Houlbert, ce film d’animation étudiant use de la bande-son radio comme fil conducteur pour relier les commérages d’une ville des années 1980.

Petites histoires et grands commérages : la rumeur en mouvement

Le synopsis malicieux met en scène une ville dynamique des années 1980, des personnages se situant au kiosque à journaux, dans un salon de coiffure, à bord d’un bus ou au sein du foyer familial. Tous se retrouvent embarqués dans une même rumeur au fil d’une journée.

La radio joue la même mélodie, modifiée par l’espace et par l’écoute des protagonistes pour clôturer la boucle journalière des commérages. La musique originale, composée par Baptiste Chema devient le leitmotiv du film, tour à tour entraînant, sourd ou moqueur, selon les saynètes de la vie quotidienne.

Le format clip musical favorise l’émotion et l’observation des regards, des gestes, des motifs visuels répétés. Le film destiné à un public adolescent ou adulte joue avec les micro-récits qui représentent autant de petites fenêtres où le spectateur se reconnaît, se sourit, et se rend même complice des indiscrétions des habitants.

Chronique d’une journée en 1980 : rough animation et textures rétro

Les réalisatrices proposent leur regard sur le commérage en privilégiant la légèreté et la connivence :

“Le but était de plonger dans l’univers des années 1980, et de voyager à travers différents personnages, différents lieux à divers moments de la journée. Jouer avec les détails et notre imaginaire. Nous voulions réaliser un court métrage léger dans lequel le spectateur peut se sentir représenté.”

Côté technique, la courte durée n’empêche pas l’ambition du duo de réalisatrices : l’équipe a utilisé une chaîne d’outils professionnelle avec des logiciels comme Toon Boom Harmony, Photoshop, Storyboard Pro, Premiere Pro et After Effects pour conjuguer rough animation pour garder le côté brut du dessin et des décors texturés.

Afin de rappeler les motifs très présents de l’époque, des intégrations de textures et de motifs ont été travaillés puis colorisés. Cet exercice de style réussit à capter ainsi, en moins de quatre minutes, l’intimité collective d’une ville : petits jugements, grandes fiertés, douce humanité.