Promotion 2024 en Cinéma d’Animation 2D
Diplômée de l’École Pivaut en Animation 2D, Laura Carpentier s’est tournée vers un autre art séquentiel : la bande dessinée. En juin 2026, elle publie son premier album, Le Blé en herbe, adaptation du célèbre roman de Colette, aux éditions Sarbacane. Un projet dont les premières esquisses remontent à ses années d’études et qui marque aujourd’hui le début de son parcours d’autrice.

De la passion du dessin à l’École Pivaut
Pour commencer, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Je suis Laura Carpentier, diplômée de Pivaut en Animation 2D, mais je suis actuellement autrice de bande dessinée. Mon premier album, Le Blé en herbe, est sorti en juin aux éditions Sarbacane.
À quel moment avez-vous décidé de faire de cette passion un projet professionnel ?
Dès la fin du collège, l’idée de faire de l’art mon métier m’a paru assez évidente. Je m’intéressais à beaucoup de choses différentes, mais je passais souvent d’un sujet à un autre, alors que le dessin est resté une constante dans ma vie.
Pourquoi avoir choisi d’intégrer l’École Pivaut à Nantes ?
C’était une formation plutôt courte, où l’on pouvait se spécialiser assez vite. J’aimais bien l’idée de pouvoir toucher un peu à tout et d’approfondir les bases pendant un an ou deux, puis de choisir une spécialité.
Quels souvenirs gardez-vous de vos années à Pivaut ?
J’ai beaucoup apprécié mes années d’études, surtout à partir du tronc commun ! C’est un rythme assez soutenu, mais qui, pour ma part, correspondait bien à ma façon de travailler. Selon les forces et les faiblesses de chacun, tous les cours ne demandent pas le même investissement ni la même concentration.
Au-delà des professeurs, qui ont tous été de bon conseil, j’ai énormément appris des autres élèves. Il y a un échange constant qui permet de se rassurer, de se remettre en question et de s’améliorer tout le temps.
Y a-t-il eu des cours, des projets ou des enseignants qui ont particulièrement marqué votre parcours ?
Les cours de modèle vivant de M. Catoire ont été une vraie respiration dans le cursus et m’ont énormément appris sur le mouvement, le geste et l’intention d’un dessin d’observation. J’aimais particulièrement les successions de poses rapides, qui permettent de vraiment se libérer et d’aller à l’essentiel du dessin.
De l’Animation 2D à la bande dessinée
Formée en Animation 2D à Pivaut, vous vous êtes ensuite orientée vers la bande dessinée. Comment s’est opérée cette transition entre ces deux disciplines proches mais différentes, et en quoi votre parcours en animation influence-t-il aujourd’hui votre travail d’autrice ?
J’ai choisi la formation Animation 2D tout en ayant déjà en tête l’idée de faire de la BD. Les deux sont des arts séquentiels, et apprendre la composition, le storyboard ou encore le mouvement en animation sert forcément pour la bande dessinée.
Aujourd’hui, je me rends compte que, quand je « boarde » une planche, je me fais un petit film dans la tête et je mets sur pause sur les images et les compositions qui fonctionnent. Cela donne parfois lieu à des découpages très cinématographiques, à des décompositions de mouvement pose par pose ou à des sortes de cases qui se suivent comme un panoramique, par exemple.
Comment est née l’idée d’adapter Le Blé en herbe de Colette en bande dessinée ?
C’est un roman que j’ai lu un été, quand j’avais quinze ans, et qui m’est longtemps resté en tête. Un été, juste avant ma première année d’Animation 2D, j’en ai adapté un chapitre en quelques planches de BD, simplement pour poser sur le papier des images que je voyais en lisant le livre.
Ce n’était pas un exercice pour les cours, même si j’avais déjà peint quelques illustrations adaptées du roman pour d’autres devoirs en année de tronc commun. Le projet m’est resté jusqu’à ma dernière année d’études, où je l’ai retravaillé plus en profondeur pour en faire un dossier, tout en réalisant notre film de diplôme.
Qu’est-ce qui vous a particulièrement touchée dans cette œuvre ?

Ce qui m’avait frappée, c’était la description de l’adolescence et des sentiments changeants. J’ai trouvé incroyable de pouvoir encore m’y identifier en tant qu’adolescente, cent ans après l’écriture du roman.
Comment ce projet est-il devenu un album publié aux éditions Sarbacane ?
À la fin de ma dernière année, au vu de la situation du milieu de l’animation, j’avais peur de ne pas réussir à trouver de travail en studio. Je me suis dit que c’était l’occasion de tenter de faire publier mon projet de BD.
J’ai sélectionné les maisons d’édition qui m’intéressaient et envoyé un dossier. J’ai eu une réponse très rapide de Sarbacane, d’abord pour vérifier la faisabilité d’une adaptation de Colette vis-à-vis des droits d’auteur, puis, dans un second temps, pour me proposer un contrat d’édition.
Et maintenant ?
Avez-vous d’autres projets en cours ou à venir ?
Oui, j’ai signé un nouveau projet chez Sarbacane, sur lequel je travaille en tant que dessinatrice, sur un scénario de deux auteurs. À côté, je développe des scénarios et je fais des recherches graphiques pour deux projets que j’aimerais faire publier.
Comment vous projetez-vous pour la suite de votre parcours artistique ?
J’aimerais beaucoup travailler en studio d’animation, idéalement en tant que décoratrice couleur, et alterner intermittence et bande dessinée. Le travail de groupe et l’émulation qu’il crée me manquent un peu à force de dessiner seule chez moi ! J’aime beaucoup la BD, mais travailler sur des projets animés me manque également.
Quel conseil donneriez-vous aux étudiants de Pivaut qui souhaitent publier leur premier projet ?
Faire un dossier avec le minimum de texte — synopsis, note d’intention, scénario résumé, CV — mais très riche en visuels, pour que les éditeurs puissent se projeter au maximum.
Idéalement, avoir un contact direct avec un éditeur plutôt que d’envoyer ses projets sur l’adresse générique des maisons d’édition, même si ce n’est pas forcément toujours faisable. Et surtout : se faire beaucoup relire !
📱 Suivez Laura Carpentier sur Instagram : @laucarpn et @colourzouz
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